Mise au point sur l’avenir de l’ancien Palais de Justice de Brignoles : le projet hôtelier avance avec l’État et Stéphane Bern. C’est, en résumé, l’information communiquée lors de la conférence de presse organisée en présence du préfet Simon Barbre, de la directrice régionale des affaires culturelles, Claire Rannou.

Le maire, Didier Brémond, a tenu à préciser en préambule le contexte de ce rendez-vous. « Depuis plusieurs semaines, des informations inexactes circulent sur les réseaux sociaux au sujet de l’ancien palais de justice de Brignoles, laissant notamment entendre qu’un projet de démolition totale serait envisagé. Je souhaite donc rappeler clairement les faits. Une nouvelle réunion de travail s’est tenue en présence de monsieur le préfet, de madame la directrice de la DRAC et de Stéphane Bern, mandaté par le ministère de la Culture, avec qui nous échangeons depuis plusieurs mois sur l’avenir de ce site remarquable ».
Comme l’a rappelé le préfet du Var, « nous n’avons pas attendu que certains se réveillent pour mesurer l’intérêt patrimonial du bâtiment ».
Mise au point
« Quelques éléments essentiels doivent en effet être rappelés, a souligné le maire. Tout d’abord, il n’a jamais été question de démolir l’ancienne prison, propriété de la commune, dont l’intérêt patrimonial est incontestable. Elle abrite notamment, dans certaines cellules, des dessins réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale qui doivent naturellement être préservés.
Ensuite, l’ancien palais de justice est inoccupé depuis près de vingt ans, précisément parce que son état ne permettait plus de l’utiliser dans des conditions satisfaisantes de sécurité. C’est justement pour préserver l’avenir de cet ensemble que la Ville a fait le choix de l’acquérir en 2016, alors qu’elle n’en était jusque-là pas propriétaire. Depuis, plusieurs opérations de sécurisation ont été menées, notamment avec le soutien de la DRAC. Malgré ces interventions, la dégradation du bâtiment s’est poursuivie. Dans ce contexte, un permis de démolition partielle a été déposé et obtenu il y a plusieurs mois.
Il n’a fait l’objet d’aucun recours.
Cette intervention répond d’abord à des impératifs de sécurité, compte tenu de l’état de dégradation de certaines parties du bâtiment. Elle doit également permettre de préserver les éléments présentant le plus fort intérêt patrimonial, notamment la façade, en vue de leur intégration dans le futur projet de rénovation ».

Sécuriser et sauvegarder
« Il ne s’agit donc en aucun cas de démolir l’ancien palais de justice dans son ensemble, mais au contraire de sécuriser le site tout en sauvegardant ce qui doit et peut l’être durablement. Un relevé topographique précis de l’ancien escalier a également été réalisé afin de permettre sa reconstruction à l’identique. Cette démarche montre que la Ville a, dès l’origine, anticipé la conservation et la restitution des éléments remarquables du bâtiment.
Il est d’ailleurs regrettable de constater que certaines personnes qui s’expriment aujourd’hui avec beaucoup d’assurance sur ce dossier connaissent en réalité très peu le site. La représentante de l’association auteure de la vidéo récemment diffusée m’a ainsi elle-même indiquée n’être jamais venue à Brignoles et ne pas connaître le bâtiment autrement qu’à distance.
Notre priorité, elle, reste inchangée : sauvegarder ce patrimoine et lui donner une véritable seconde vie. »
Le soutien de Stéphane Bern
Après plusieurs réunions de travail et différents échanges, Stéphane Bern a proposé son soutien dans cette démarche. Il souhaite notamment accompagner la valorisation du bâtiment et du projet à travers le label Territoire d’Histoires. Comme il l’a rappelé, préserver le patrimoine, c’est aussi le faire vivre. « C’est précisément le sens du projet hôtelier que nous portons », a souligné Didier Brémond. Il permettra de restaurer un bâtiment aujourd’hui fermé au public, de rendre ce patrimoine accessible au plus grand nombre et de mobiliser des financements privés indispensables à sa réhabilitation, car une opération d’une telle ampleur ne pourrait reposer sur les seuls financements publics.
Ce futur hôtel constituera également un équipement touristique important pour l’attractivité et le dynamisme du centre-ville de Brignoles. Il s’inscrit dans une transformation plus large de ce secteur, en lien notamment avec la rénovation, par l’Agglomération Provence Verte, du musée des Comtes de Provence.
À l’horizon 2030
Le projet se poursuit donc pleinement, avec l’objectif d’aboutir à l’horizon 2030.
« Après la rénovation du pôle Liberté et l’ouverture du cinéma, notre ambition est ainsi de poursuivre la transformation du cœur de ville en rénovant et en ouvrant au public cet ensemble remarquable constitué de l’ancienne prison, de l’ancien palais de justice et de la place qui les relie.« .
« Notre ligne est simple : préserver notre patrimoine, le restaurer et lui redonner vie ».
Didier Brémond, maire de Brignoles

