Mercredi 24 juin 2026, en prélude de la fête traditionnelle de la Saint-Jean, le maire, Didier Brémond, a officiellement signé la charte Ciéuta mistralenco. En présence de Pierre Fabre, reire capoulié du Félibrige, avec à ses côtés Jean-Marie Revest, conseiller municipal délégué à la culture provençale et les membres de l’Escolo de Carami avec la présidente Catherine Muscat et des Tambourinaires de Sant Sumian, le maire, Didier Brémond, a officialisé l’entrée de Brignoles dans le cercle des cités mistraliennes.

Cette distinction reconnaît l’engagement constant de la commune en faveur de la langue provençale, de la culture régionale et de l’héritage légué par Frédéric Mistral. « Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, cette cérémonie possède une résonance toute particulière car nous sommes aujourd’hui le 24 juin, jour de la Saint-Jean, a-t-il souligné. Pour tous ceux qui sont attachés à la Provence, cette date n’est pas anodine. Depuis des siècles, les feux de la Saint-Jean illuminent nos villages et nos villes. Ils symbolisent la transmission, la continuité entre les générations et la fidélité à un héritage commun. Ils nous rappellent que chaque génération reçoit un patrimoine qu’elle a le devoir de préserver avant de le transmettre à son tour. Je ne peux imaginer plus belle date pour voir Brignoles recevoir officiellement le label Ciéuta mistralenco.
Comme la flamme qui passe de main en main sans jamais s’éteindre, la langue provençale nous relie à ceux qui nous ont précédés et nous confie la responsabilité de ceux qui nous suivront. Cette labellisation est donc à la fois une reconnaissance et un engagement, une reconnaissance du chemin parcouru et un engagement pour l’avenir ».
Histoire, tradition et langue provençale
Brignoles n’a pas attendu aujourd’hui pour faire vivre la Provence. La ville entretient depuis toujours un lien profond avec son histoire, ses traditions et sa langue.
« Comment pourrait-il en être autrement, a souligné le maire. Brignoles n’est pas une ville de Provence parmi d’autres, Brignoles est la Ville des Comtes de Provence ».
Pendant plusieurs siècles, la cité a occupé une place éminente dans l’histoire politique, économique et culturelle de la Provence. Elle fut l’une des résidences privilégiées des Comtes de Provence et conserve encore aujourd’hui l’un des témoins les plus prestigieux de cette époque : le Palais des Comtes de Provence. Ce patrimoine exceptionnel rappelle le rôle majeur joué par Brignoles dans la construction de l’identité provençale.
« Parce que nous sommes les héritiers de cette histoire, nous avons le devoir de la préserver et de la transmettre. C’est tout le sens du vaste projet actuellement engagé autour du Palais des Comtes de Provence, a rappelé Didier Brémond. Grâce à un investissement de près de 15M€ porté par l’Agglomération Provence Verte, ce monument fait aujourd’hui l’objet d’une rénovation ambitieuse qui permettra sa transformation en musée et en lieu majeur de valorisation de l’histoire du territoire.
Ce projet illustre parfaitement notre vision : protéger l’héritage que nous avons reçu tout en lui donnant un avenir. La Provence ne doit pas être enfermée dans la nostalgie. Elle doit continuer à vivre, à être transmise et à être comprise par les générations qui viennent. Cette conviction guide nos actions depuis de nombreuses années ».
Provençal et espaces publics
« Oui, la langue provençale est présente dans l’espace public brignolais. Elle est visible à travers la signalétique bilingue mise en place sur nos entrées de ville. Elle est présente à travers les plaques commémoratives qui valorisent notre patrimoine et les grandes figures de notre histoire locale. Elle est incarnée par l’avenue Frédéric-Mistral, qui rappelle l’œuvre de celui qui a donné à la langue provençale sa reconnaissance littéraire universelle. Elle est également visible sur la façade même de notre hôtel de ville. Aux côtés de l’appellation française figure la mention provençale « La Coumuno ». Ce choix peut sembler naturel. Il demeure pourtant encore relativement rare dans le Sud de la France.
Alors que certaines régions ont depuis longtemps intégré leurs langues régionales dans l’affichage public et institutionnel, peu de communes provençales ont franchi ce pas.
Brignoles a fait ce choix parce que nous considérons que la langue provençale n’est pas un simple héritage du passé. Elle fait partie de notre identité, mérite d’être vue, mérite d’être entendue, et d’être transmise ».
Une langue ne survit pas uniquement grâce aux livres, elle survit parce qu’elle est portée par des femmes et des hommes qui la parlent, la transmettent et la font vivre, elle survit parce qu’une collectivité décide de lui donner sa place dans la cité
Soutien aux acteurs de la culture provençale
« Notre engagement se traduit également par le soutien constant apporté aux acteurs qui font vivre cette culture au quotidien. Je veux ici saluer l’action de l’Escolo de Carami, je veux également remercier les Tambourinaires de Saint-Sumian, les Amis du Vieux Brignoles ainsi que toutes les associations et tous les bénévoles qui contribuent au rayonnement de notre patrimoine.
La Ville est fière d’accompagner leurs initiatives.
Nous soutenons les actions de sensibilisation menées auprès des scolaires.
Nous favorisons la présence d’ouvrages et de ressources en langue régionale dans nos équipements culturels.
Nous accompagnons les manifestations qui célèbrent les traditions provençales.
Nous valorisons les femmes et les hommes qui ont marqué l’histoire culturelle de notre territoire.
Nous entretenons et mettons en valeur un patrimoine qui raconte l’histoire de la Provence autant que celle de Brignoles.
Car une langue ne survit pas uniquement grâce aux livres, elle survit parce qu’elle est portée par des femmes et des hommes qui la parlent, la transmettent et la font vivre, elle survit parce qu’une collectivité décide de lui donner sa place dans la cité.
La charte que nous signons aujourd’hui nous engage à poursuivre cette dynamique.
Elle nous invite à aller encore plus loin dans la valorisation de notre patrimoine, dans la visibilité de notre langue et dans le soutien à ceux qui la font vivre.
Défendre la langue provençale n’est pas opposer une identité locale à l’identité nationale.
C’est au contraire enrichir notre patrimoine commun. La République est plus forte lorsqu’elle sait reconnaître et valoriser les cultures qui ont façonné son histoire.
Aujourd’hui, en devenant officiellement Ciéuta mistralenco, Brignoles ne devient pas provençale. Elle affirme simplement, avec fierté, ce qu’elle est depuis des siècles une terre de Provence, une ville d’histoire, une ville de transmission, une ville qui regarde l’avenir sans jamais oublier d’où elle vient » a-t-il conclu.
À l’issue de l’officialisation, Cathy Piasco des Tambourinaires de Sant Sumian, a remis au maire un moulage du portrait de Frédéric Mistral, poterie artisanale qui ornera les espaces de réception de l’hôtel de ville.









