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Espèces exotiques envahissantes, EEE : la vigilance de tous s’impose

Espèce exotique, dite aussi allochtone ou non indigène, dont l’introduction par l’homme – volontaire ou fortuite – sur un territoire menace les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces indigènes, les espèces exotiques envahissantes, EEE, sont reconnues par la Convention sur la diversité biologique comme la troisième cause de l’appauvrissement de la biodiversité mondiale. Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. Le préfet du Var a réuni jeudi 9 avril 2026 le comité départemental consacré à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Cette instance nouvelle rassemble l’ensemble des services de l’État, les collectivités territoriales et les partenaires concernés par cette problématique, avec l’ambition de renforcer la coordination et l’efficacité de l’action publique. Cet outil va permettre de lutter contre les quatre espèces exotiques envahissantes recensées dans le Var :

  • la fourmi électrique, Wasmannia auropunctata
  • la cochenille tortue du pin, Toumeyella parvicornis
  • le frelon asiatique, Vespa velutina
  • et, sur le littoral, le crabe bleu, Callinectes sapidus
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Pour chacune de ces espèces, les particuliers ont un rôle essentiel à jour pour lutter contre la prolifération de ces EEE.

Un comité opérationnel

Le comité départemental est l’instance unique de pilotage stratégique en matière de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, animales comme végétales, dans le Var. Réuni à intervalles réguliers, il assure le suivi des actions engagées et l’anticipation des nouvelles menaces. Par l’installation de ce comité, l’État affirme sa volonté d’agir de manière coordonnée, concrète et durable pour préserver le patrimoine naturel varois et protéger les populations.

Quatre espèces, dont la prolifération dans le Var présente une menace, ont fait l’objet d’une attention particulière : le frelon asiatique à pattes jaunes, la fourmi électrique, le crabe bleu et la cochenille tortue du pin.

Un premier comité départemental le 13 février 2026 a permis de partager le diagnostic de la situation de ces quatre espèces dans le Var et de présenter les dispositifs existants et les moyens déjà mobilisés. Le second comité de pilotage du 9 avril 2026 a permis :

• de présenter l’avancée du plan d’action établi lors du premier comité : la quasi-totalité des actions identifiées ont été réalisées ;

• d’identifier les actions à réaliser et les moyens à mobiliser dans les prochaines semaines ;

• d’informer des bonnes pratiques et des gestes réflexes à adopter, particulièrement en ce début de printemps alors que l’activité reprend dans les jardins.

Au-delà de la coordination institutionnelle, une attention particulière est portée à l’information des habitants, des professionnels et des touristes.

Lutter contre les quatre espèces dans le Var

Une espèce exotique est une espèce introduite en dehors de son aire de répartition naturelle par l’action humaine, volontaire ou non. Lorsqu’une espèce exotique s’établit durablement, se reproduit et se propage au point de menacer les espèces indigènes ou les activités humaines, on parle alors d’espèce exotique envahissante. Ces espèces figurent aujourd’hui parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité, au même titre que la destruction des habitats, le changement climatique, la surexploitation des ressources naturelles et la pollution.

Le Var est un territoire à la biodiversité remarquable, à la fois terrestre et maritime.

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Il offre un cadre propice à la prolifération des espèces exotiques envahissantes qui représentent un défi croissant pour la préservation des écosystèmes, la santé publique et certaines filières économiques.

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La fourmi électrique est une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique du Sud dont la présence a été confirmée pour la première fois en France métropolitaine dans le Var : en 2022 à Toulon, en 2024 à La Croix-Valmer et en 2026 à Cavalaire-sur-Mer. Elle présente un corps brun à orangé de petite taille (1,2 mm de longueur). La reine est plus foncée et de plus grande taille (4,5mm). Les nids sont de tailles variables et interconnectés en réseaux, on les retrouve dans tous types de milieux et de substrats, espaces naturels, urbains, habitations…
Sa piqûre est très douloureuse et peut entraîner des réactions inflammatoires sévères, ainsi qu’une cécité chez les animaux domestiques.
Le Var est le seul département affecté par la présence de foyers de fourmi électrique, un peu plus de 7 hectares au total. L’espèce figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne : règlement d’exécution (UE) 2022/1203 : son introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente ou l’achat sont interdits au sein de l’Union européenne.

Le constat

Depuis le début d’année 2026, la FREDON PACA, appuyée par les scientifiques du groupe de travail « fourmi électrique » des universités d’Avignon et de Montpellier, a finalisé la cartographie des zones impactées afin d’adapter les modalités de traitement aux spécificités du terrain : présence d’habitations, proximité des cours d’eau, pente, zones difficiles d’accès, etc. La méthode mise en œuvre en 2025 – utilisation de boites distributrices permettant de limiter la délivrance du produit aux seules fourmis ciblées dans un petit espace – n’a pas été suffisamment efficace ce qui a confirmé la nécessité de recourir à une utilisation classique du produit Campaign® Ant Bait par saupoudrage. En complément, l’utilisation du produit Antixx® Fire Ant Bait et d’autres produits alternatifs est étudiée pour les espaces où le Campaign® ne pourra être utilisé.

Les actions réalisées depuis le dernier comité départemental

➢ Définir la zone : la cartographie fine des foyers d’implantation a permis d’identifier les zones susceptibles d’être traitées par saupoudrage du Campaign® Ant Bait : terrains éloignés des cours d’eau et hors bâti habité.

➢ Adapter la méthode de lutte : à la demande du préfet, le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations sur le climat et la nature par un arrêté du 25 mars 2026, autorise par dérogation la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits Campaign® Ant Bait et Antixx en France pour une période de 180 jours. Une partie des zones affectées difficilement accessibles sera traitée par drone.

➢ Agir : la période d’activité de la fourmi électrique reprenant, la campagne de traitement va débuter dans les prochaines semaines dans les foyers concernés.

Qui contacter ?

Toute suspicion doit être signalée à la Ville de Brignoles ainsi qu’à :

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La cochenille tortue du pin est une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie. Cet insecte cause depuis 2014 d’importants dégâts en Italie sur les pins parasols et les pins maritimes des villes de Naples et de Rome. Détectée pour la première fois en France en 2021 dans le Golfe de Saint-Tropez, elle reste cantonnée pour le moment au département du Var mais de plus en plus de communes sont infestées.
C’est une petite cochenille brun-rougeâtre avec des taches plus foncées sur la carapace, ce qui lui donne l’apparence d’une carapace de tortue. Elle mesure de 3,5 à 5 mm de longueur. Elle vit fixée sur les pousses de l’année.
Les colonies de cochenilles tortue du pin s’installent sur les aiguilles et les branches des arbres, sucent la sève et provoquent d’abord le rougissement des aiguilles puis une mortalité de branches de plus en plus grosses qui peut conduire à la mortalité de l’arbre. La propagation de cette cochenille se fait par le vent pendant la saison de végétation mais aussi par la plantation d’arbres contaminés. Cette espèce provoque des dégâts importants notamment sur les pins parasols. Elle a été ajoutée en France, en 2021, sur la liste des organismes nuisibles dits émergents.

Le constat

Les prospections menées par les services du ministère chargé de l’agriculture dans la région ont révélé une infestation avancée dans le Golfe de Saint-Tropez. Dans ce contexte, une stratégie d’enrayement a été mise en œuvre afin de limiter sa propagation vers les parcs et jardins, ainsi que les massifs forestiers environnants.

Les mesures de lutte

Face à cette menace, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié le 16 mars 2022 un arrêté visant à éviter l’introduction et la propagation de cette cochenille. Suivant le niveau d’infestation du végétal, il peut être nécessaire de procéder à l’élagage des parties atteintes, voire à l’abattage de l’arbre. À la suite de prospections approfondies confiées à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles, la FREDON PACA, un arrêté du Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur du 25 mars 2026 délimite les communes concernées par ces mesures. Dans cette zone, des mesures obligatoires s’appliquent aux espèces sensibles de pins destinés à la plantation et aux bois résultant de l’élagage des branches ou de l’abattage des arbres contaminés.

Pour les professionnels :

✔les pépiniéristes, paysagistes, jardineries et autres producteurs ou vendeurs de végétaux doivent signaler les arbres destinés à la plantation suspectés d’être contaminés, afin qu’ils puissent être élagués ou détruits après confirmation de la présence de la cochenille tortue du pin ;

✔les branches et troncs issus des élagages et des abattages des arbres contaminés ne doivent pas quitter le périmètre de la zone délimitée ;

✔ les pins destinés à la plantation, cultivés en zone délimitée, ne peuvent pas être vendus en dehors de cette zone sans une autorisation délivrée après un contrôle officiel.

Pour les particuliers :

• il est recommandé aux particuliers et autres détenteurs de pins de signaler aux professionnels du végétal les arbres présentant des signes d’attaque à savoir le rougissement des aiguilles mais aussi la présence de fumagine, coloration noire des aiguilles due aux excrétions des insectes ;

• en fonction de leur état et de leur taille, ces arbres pourront faire l’objet d’un traitement et/ou d’un élagage aux frais du détenteur. Les branches attaquées par cet insecte deviennent très cassantes, aussi il est recommandé de confier leur élagage à des professionnels ou de le réaliser avec de grandes précautions.

Il est possible de protéger les pins par application d’insecticides spécialisés et/ou par la lâche d’auxiliaires, coccinelles et chrysopes par exemple. Toutefois, les produits utilisés jusqu’à présent n’étaient pas suffisamment efficaces et nécessitaient un traitement, souvent coûteux pour les propriétaires, chaque année.

Les actions réalisées depuis le dernier comité départemental

Après plusieurs campagnes d’expérimentations destinées à tester des produits plus efficaces pour traiter les pins infestés, le ministère en charge de l’agriculture, à la demande du préfet du Var et de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, DRAAF, vient d’autoriser l’application d’un nouveau produit phytosanitaire (PPP) :

➢ dans le Var, le traitement par le PPP QUENZA à base d’azadirachitine est autorisé du 11 mars 2026 au 9 juillet 2026 ;

➢ il est à appliquer par injection, dès les premiers signes de présence de la cochenille tortue sur le pin.

Qui contacter ?

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Introduit accidentellement en France au début des années 2000, le frelon asiatique à pattes jaunes est aujourd’hui largement implanté sur le territoire national, y compris dans le Sud-Est. Compte tenu de son implantation désormais généralisée, son éradication n’est plus envisageable avec les moyens actuels. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts. Sa propagation rapide s’explique par plusieurs facteurs : une forte capacité de reproduction, un cycle biologique annuel produisant un grand nombre d’individus, des ressources alimentaires abondantes et l’absence de prédateurs naturels spécifiques.

Quel impact

Le frelon asiatique s’attaque à une grande diversité d’insectes. En moyenne, près de 85% de son alimentation est composée d’abeilles, de guêpes et de mouches, dont environ 40% d’abeilles domestiques. Il exerce une pression directe sur les colonies d’abeille en capturant les ouvrières à l’entrée des ruches. Cette prédation entraîne une diminution de l’activité de butinage, fragilise les colonies et peut conduire à leur mortalité. Dans les cas les plus sévères, jusqu’à 30 % des colonies peuvent disparaître à l’échelle nationale chaque année. Le frelon asiatique n’est pas agressif, mais il attaque pour défendre son nid. La présence de nids à proximité des habitations peut présenter un danger pour les riverains. Les situations d’exposition peuvent entraîner des piqûres multiples et des envenimations graves (particulièrement pour les personnes souffrant d’allergie aux piqûres d’hyménoptères). Les méthodes inadaptées de destruction des nids peuvent également présenter des risques pour les opérateurs et le public.

Les mesures de lutte

La loi n°2025-237 du 14 mars 2025 visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole met en place un plan national de lutte contre cette espèce. Ce plan vise à renforcer la coordination des actions, à améliorer l’efficacité des dispositifs existants et à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés, au plus près des territoires.

Pour un particulier, comment réagir :

✔ destruction des nids : si vous trouvez un nid, faites le signalement et n’essayez surtout pas de le détruire vous-même, mais contactez un professionnel habilité. Un nid peut être détruit jusqu’à 30 m de hauteur avec une perche en injectant un insecticide biocide homologué ;

✔ piégeage de printemps : permet la capture des reines fondatrices, avec des pièges les plus sélectifs possibles pour éviter de porter atteintes à d’autres insectes ;

✔piégeage d’automne : la localisation des nids dans les arbres est souvent plus facile en automne après la chute des feuilles. Bien que la colonie meure au cours de l’hiver, la destruction automnale du nid permet d’éviter le développement d’une nouvelle génération ;

✔ protection des ruches à l’aide de pièges sélectifs : permet soit d’éloigner les frelons des ruches, soit de les détruire en cas d’approche des ruches.

Pour plus de renseignements : fredon.fr/paca/

Qui contacter

Les insectes et nids sont enregistrables sur le site lefrelon.com où l’on peut également déposer des photos

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Le crabe bleu est une espèce non indigène originaire du continent américain, dont la présence est de plus en plus signalée sur les côtes méditerranéennes françaises, notamment dans les lagunes et zones littorales du Sud-Est. C’est une espèce omnivore qui se reproduit très vite. La femelle peut pondre jusqu’à 2 millions d’œufs en une seule fois. Sa longévité est de 3 à 4 ans. Il peut atteindre 23 cm de large un poids de 500 grammes. La carapace est brune à grise, parfois bleu-vert. Les pinces sont bleues chez les mâles et rouges chez les femelles. Il vit dans l’eau salée comme en eau douce et peut parcourir jusqu’à 15 km.

Quel impact

Les autorités environnementales et les gestionnaires d’espaces naturels soulignent sa capacité d’adaptation aux milieux saumâtres et sa forte mobilité, ce qui favorise son installation. Cette espèce peut perturber les équilibres écologiques locaux en prédatant certaines espèces benthiques qui vivent fixées au sol ou qui se déplacent en rasant le sol et en entrant en concurrence avec la faune autochtone. Elle peut également générer des impacts économiques, en particulier sur certaines activités de pêche.

Les mesures de lutte

Les actions engagées consistent principalement en :

✔ la surveillance des populations, la collecte de données scientifiques,

✔ l’implication des pêcheurs et gestionnaires d’espaces naturels,

✔ la sensibilisation du public pour éviter les relachers accidentels.

La lutte reste complexe du fait des milieux ouverts concernés et de la capacité de dispersion naturelle de l’espèce. Mais bonne nouvelle : le crabe bleu est comestible et savoureux, sans doute le meilleur moyen de lutter contre sa prolifération.

Qui contacter : https://cutt.ly/MJ6IR3P