Bel hommage rendu à l’ancien maire Claude Gilardo, décédé en 2023 : lundi 19 mai 2025, le maire, Didier Brémond, en présence du sénateur André Guiol, d’Aurélie Fulachier, adjointe déléguée aux Affaires Scolaires et des élus, a dévoilé le nom de l’école des Censiés. Désormais, elle portera celui qui fut premier magistrat de 2008 à 2014. Cette initiative est d’autant plus symbolique que Claude Gilardo s’est battu contre la fermeture de l’établissement, parvenant même à la faire agrandir pour offrir aux enfants du hameau les conditions optimales pour leur parcours scolaire.
Claude Gilardo : une vie d’engagement

Élu conseiller municipal en 1977, Claude Gilardo a été premier-adjoint du Dr Jean Monnier de 1995 à 2001, puis maire et président de la Communauté de Communes du Comté de Provence de 2008 à 2014 et conseiller général du Var de 1998 à 2011 et de 2012 à 2013. Il est décédé en août 2023.

L’émouvant hommage à Claude Gilardo a été rendu en présence de ses enfants, Alain, Pierre et Hélène, de sa sœur Nicole, de Jeanette sa belle-sœur et de leurs familles, mais aussi de ses amis et de ses compagnons militants. Le maire, Didier Brémond, à la suite du décès de son prédécesseur en août 2023, avait émis le souhait qu’un lieu porte son nom afin de rendre hommage à l’homme qu’il avait été, au maire et à son action.
« Après avoir rencontré ses enfants, le choix s’est porté sur cette école et e choix est rempli de sens. Tout d’abord pour une raison que je répète régulièrement : donner le nom d’une personnalité locale à nos rues, à nos places, à nos bâtiments, c’est non seulement faire vivre la mémoire de ces personnalités, mais aussi permettre à chacune et chacun d’entre nous, de s’imprégner presque « sans s’en rendre compte » de notre histoire locale, de celle que nous n’apprendrons pas dans les livres d’école, mais qui contribuera tout autant à forger notre identité », a rappelé Didier Brémond.

Un homme engagés
Claude Gilardo est né à Brignoles, militant du parti communiste français, militant syndical, agent technique principal à l’EDF, et enfin élu au service de la Ville qui l’avait vu naître. Élu conseiller municipal en 1977, il deviendra par la suite premier-adjoint du Dr Jean Monnier de 1995 à 2001 et enfin Mmire et président de la Communauté de Communes du Comté de Provence de 2008 à 2014. Il sera également du canton au département, puisqu’il sera élu conseiller général du Var de 1998 à 2011 puis de 2012 à 2013. Autant de mandats qui marquèrent son engagement au service de sa ville, de ce territoire, mais aussi, au service de son parti, et de ses idées. En tant que maire, il porte un certain nombre de projets pour Brignoles, projets qui encore aujourd’hui bénéficient quotidiennement à de nombreux citoyens. En tout premier lieu il y a l’achat, la rénovation et la création de la Maison des Services Publics qui accueille encore aujourd’hui de nombreux services à la population, à commencer par l’accueil familles. C’est également sous son mandat que seront lancés les travaux du nouveau Tribunal d’Instance, que sera créée la Régie des Eaux dont l’action n’a cessé de s’étendre depuis. Le complexe sportif Jean-Jacques Marcel regroupe en son sein deux réalisations qui portent en tout ou partie sa marque : la tribune du stade de rugby et le lancement du projet Aquavabre.
« Mais au-delà de tout ceci, deux thématiques résonnaient particulièrement dans la tête et dans le cœur de Claude Gilardo : celle qui touchait à la jeunesse, et celle qui touchait à nos aînés, a souligné Didier Brémond. Nous lui devons la création de l’accueil de jour Alzheimer au quartier La Tour. Cette maladie l’avait touché personnellement, puisque son épouse en était atteinte. Il savait alors mieux que quiconque quels étaient les effets de cette maladie, sur le malade certes, mais aussi sur son entourage. Aujourd’hui, grâce à ce projet, ce sont des dizaines de familles qui peuvent apporter une aide au malade, mais aussi le temps de quelques heures, un peu de repos et de réconfort aux aidants.
L’enfant de l’école de la Troisième République
« C’est enfin la question des enfants et de l’école. Claude Gilardo a un rapport fort avec l’école. Elle l’a formé, il appelle encore les enseignants les maîtres, il met en pratique quotidiennement les enseignements qu’il y a reçu. Il a par exemple pour habitude de réciter régulièrement les fables de La Fontaine qu’il avait apprises sur les bans de l’école. Il était l’enfant de l’école de la Troisième République sous laquelle il est né. Cette école que l’on respectait, que l’on craignait peut-être aussi, qui était un pilier de la Nation. Cette école où le « maître », pour reprendre ses mots, constituait, avec le médecin, le curé et le maire, le socle de la vie communale. Une école où parfois reconnaissons-le, l’enseignement pouvait peut-être se faire à coup de triques, mais de cette école qui vous apprenait des bases solides qui allaient vous servir toute votre vie ».

Une école « historique »
« Alors oui, l’école et l’éducation sont des sujets qui le touchaient particulièrement et quand au début des années 2010 circulent des bruits quant à une éventuelle fermeture de l’école des Censiés, il lui vint l’idée de la rénover et de l’agrandir. Ce projet va donner un nouveau souffle à cette école qui a largement plus d’un siècle. En effet, le bâtiment historique dont la création a été décidée en 1881, a été construit en 1885 après changement d’architecte et des erreurs de conception. L’école sera finalement ouverte sept ans plus tard, en 1888. Initialement construite pour 40 enfants, elle accueille désormais grâce à son extension, plus du double d’élèves puisqu’à la rentrée 2024. Ils étaient 85, répartis dans quatre classes. Aujourd’hui, en donnant, 137 ans après son ouverture, le nom de Claude-Gilardo à cette école, celle-ci écrit une nouvelle page de son histoire, au sein de ce hameau où elle a plus que jamais sa place (…).
Claude Gilardo, en permettant son agrandissement il y a douze ans – les travaux avaient été inaugurés en 2013 -, pérennisa la présence scolaire aux Censiés. Comment ne pas rêver de passer son enfance dans cette cour à taille humaine, sous les platanes, quand d’autres dans les grandes métropoles sont dans de grands groupes scolaires avec des dizaines et des dizaines de classes, au milieu du bruit de la ville et de la pollution des voitures ».
Une vie d’engagement, d’humanisme et de relations sociales
« Que l’on ait été en accord avec ses idées ou non, tout le monde se reconnaît dans l’idée que la vie de Claude Gilardo fut une vie d’engagement, d’humanisme et de relations sociales. Il a marqué les esprits et les cœurs. (…) J’avais évoqué [ lors de ses obsèques ] un Claude Gilardo humaniste, humaniste dans ses idées, mais aussi dans son comportement. Nombreux sont ceux qui encore aujourd’hui, notamment ces derniers jours, m’ont rappelé la sympathie dont Claude avait fait preuve à leur égard, que ce soit pour des agents de la ville, des élus de tous bords, mais aussi des Brignolais arrivés plus récemment sur Brignoles et qui avaient eu l’occasion de le rencontrer, et de l’apprécier.
J’ai eu pour ma part, je l’avais dit, une relation singulière avec Claude Gilardo. Je suis indirectement son successeur, nous n’avons jamais été candidats face à face, même si, ce n’est un secret pour personne, nous avions des convictions politiques radicalement différentes.
Singulière parce que j’ai spontanément et logiquement, tout d’abord eu pour Claude Gilardo l’estime et le respect que je me dois, à mon sens, de porter à tout ancien maire de notre commune. Il s’agissait ici d’un principe fondamental à mes yeux, car je suis bien placé pour mesurer combien la mission et le rôle de maire, aussi exaltant soient-ils, sont difficiles et exigeants de sacrifices personnels et parfois professionnels. Nous avions cependant, sur le plan local, des convergences sur certains sujets, je pense au cinéma, que nous avons inauguré sur le cours Liberté et je dois reconnaître que le soir de son inauguration, j’ai eu pour lui une pensée particulière.
Claude Gilardo a exercé ses mandats avec passion, avec convictions. Militant toute sa vie au parti communiste, il resta fidèle au parti jusqu’au bout, vendant chaque premier mai le muguet à l’occasion de la fête des travailleurs. Je dois dire que cet engagement, cette solidité des convictions, cette fidélité au parti et aux idées, que l’on portait, connaissait, défendait, méritent d’être souligné, tout particulièrement à une période où le militantisme et les convictions ont tendance à se diluer et à disparaitre. Claude Gilardo quitta son mandat de maire l’année de ses 79 ans, il ne souhaitait alors pas se représenter. Je l’avais dit mais je tiens à le souligner, encore aujourd’hui, car c’est une caractéristique peu courante chez les élus, parfois tentés par le mandat de trop, mais révélatrice aussi de sa volonté de savoir laisser sa place. Il était là aussi, en accord avec ses convictions, qu’il ne sacrifia pas sur l’autel de ses ambitions personnelles. Homme spontané qui montait à la mairie simplement pour dire bonjour, boire un café dans mon bureau et parler de la ville, homme jovial que l’on croisait au Mireille, au marché du samedi matin, dans la rue en train de faire de son footing, homme engagé, ce qu’il fut jusqu’au bout, homme éprit de franchise, qui ne machait pas ses mots et dont les compliments, en retour, revêtaient un air de sincérité, homme plus que jamais de Brignoles, ville où il résida toute sa vie et surtout qu’il défendait quoi qu’il arrive.
Je veux rappeler que si aujourd’hui nous avons toujours notre hôpital, au point que l’État va y engager désormais plusieurs dizaines de millions d’euros, nous le devons un peu à Claude Gilardo.
Voilà, en quelques mots, ce que je voulais dire sur Claude Gilardo, sur ses engagements, ses convictions, et sur ce qui a motivé notre choix de donner son nom à ce bâtiment. Désormais, chaque matin, chaque rentrée scolaire, le nom de Claude-Gilardo sera prononcé par des dizaines d’enfants et par leur parent. Ce nom, ils le garderont en mémoire tout au long de leur vie, car bien souvent nous nous rappelons tous le nom de l’école de notre enfance, et parfois même, selon l’âge, avec un peu de nostalgie.
Je ne veux pas être nostalgique, mais au contraire heureux de perpétuer son souvenir et d’écrire une nouvelle page de l’histoire de cette école ».


