Ville de Brignoles
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Prune de Brignoles : premiers pas vers l’IGP

Si la prune de Brignoles est reine de la fête éponyme que la ville lui consacre depuis deux décennies, c’est une filière d’avenir pour les producteurs et les transformateurs qui valorisent ce fruit iconique. Épaulé par le Conservatoire Méditerranéen Partagé, un groupe de passionnés s’est lancé sur le – long – chemin qui permettra au fruit une labellisation IGP, indication géographique protégée. Pas à pas, les premières avancées se concrétisent avec la constitution du comité de dégustation qui a déjà défini le profil organoleptique de la Pistole, nom que prend le prune une fois séchée. La Ville de Brignoles y est associée avec Benjamin Bufferne, conseiller municipal et chef de cuisine, qui fait partie du comité de dégustation.

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Les financements

Trois partenaires financiers soutiennent cette démarche de labellisation :

  • le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural, FEADER, dans le cadre du programme LEADER via le Syndicat Mixte Provence Verte Verdon, structure porteuse du Groupe d’Action Locale Provence Verte Sainte-Baume ;
  • le Conseil Régional via le collectif CODESIQO, Collectif d’échanges et de partage d’expertise œuvrant au renforcement des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine, qu’anime et coordonne la Chambre Régionale d’Agriculture ;
  • le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour la conservation des prunes perdrigones et la mise en réseau des acteurs, projet REPPER.

Démarche de classement en IGP

Micro filière aujourd’hui, la prune de Brignoles n’en est pas moins dynamique. Le fruit que l’on sèche ou que l’on cuisine, fait l’objet de toutes les attentions depuis 2020. La démarche vers l’IGP a suscité un réel élan, aussi bien auprès des agriculteurs que des transformateurs et des particuliers propriétaires de vergers. Une collaboration avec le LEAP de Saint-Maximin est maintenant en place pour la production de Pistoles ainsi qu’avec l’IUT d’Avignon qui travaille sur des propositions de design packaging.
Généralement, plusieurs années sont nécessaires avant qu’un décret n’officialise l’accession à l’IGP. Tous les acteurs le savent, mais tous sont convaincus du potentiel économique et agronomique de la Pistole, sans parler de la valeur patrimoniale du fruit qui a bien failli disparaître.

Engagés pour la prune

Une Confrérie de la Prune présidée par Violaine Champagnac pour la promouvoir, une association de la Prune de Brignoles présidée par Marc Richard qui œuvre pour la protection du fruit et le développement des plantations : historiquement, la Pistole a suscité l’intérêt et animé les passions. Aujourd’hui, le fruit est considéré comme un patrimoine, intimement associé à l’histoire de la ville.
Depuis quelques années, une nouvelle étape est franchie. Si d’un côté des études sont lancées avec le Centre technique sur la production alimentaire et agroalimentaire d’Avignon qui planche sur les techniques de transformation – dénoyautage, conservation, définition et diversification de la gamme avec de la purée par exemple – l’engouement des artisans, restaurateurs et entreprises régionaux offre des perspectives gourmandes et commerciales intéressantes pour conforter le développement de la production.

À Brignoles, la maison Lafitau est à classer dans la liste des ambassadeurs de la première heure. Macarons, pâtisseries, glaces et confitures sont préparés chaque année au moment de la récolte en milieu d’été. Estandon, de son côté, a encouragé ses vignerons à planter des Perdigons en bordure des vignobles et dans les zones proches des habitations. Des restaurateurs s’intéressent au fruit sorti de l’oubli. Julien Tosello du restaurant Le Jardin à Brignoles s’est laissé conquérir et les chefs de Lou Calen à Cotignac, de L’Abbaye de La Celle ou encore de L’Intercontinental de Marseille sont séduits pour sublimer à leur tour la Pistole.

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Cosmétologie, multiplication et dénomination

La prune à d’autres secrets maintenant dévoilés. Elle pourrait avoir -un intérêt cosmétologique pour ses propriétés anti-âge et anti-inflammatoire. Les experts de Nissactive ont travaillé sur la valorisation des feuilles tombées, récolte complémentaire des fruits qui ajouterait un intérêt supplémentaire en termes de diversification de la production.
Côté plantation, un partenariat est signé avec un pépiniériste pour la multiplication et la commercialisation en volume suffisant pour la relance d’une véritable production.
L’accession à l’IGP sera donc un fabuleux catalyseur pour le fruit dont le nom reste à déterminer. Un historien et un ethnobotaniste travaillent sur ce sujet. L’IGP portera-t-elle le nom de « Pistole » ? De « prune de Brignolles » avec deux 2 ? De « prune de Brignoles » ? Dans le cœur des Brignolais, le débat est tranché : c’est la dernière dénomination qui doit être retenue.

L’histoire prochaine dira si leur souhait sera exhaussé.

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Sauvée in extremis

Servie à la cour des rois de France dès François 1er, la prune de Brignoles était très appréciée. Le processus de fabrication de la Pistole était très long. La prune était séchée au soleil dans les séchoirs sur les toits de la ville et aplatie comme une pièce d’or.
Sa réputation de produit de luxe franchit les frontières et l’impose sur la table à la Noël avec les treize desserts. Pourtant, malgré son succès, la Pistole disparait pour une histoire… d’impôts. Le seigneur de Vins, grand propriétaire foncier, refusant de payer ses impôts s’attire la colère des habitants qui saccagent ses terres, coupant les 18.000 arbres de ses vergers, signant la perte de la Pistole au profit de celles de Digne. `
Un seul prunier aurait survécu au carnage, caché à l’abri dans le jardin du presbytère. Protégé dans ses murs, il aurait alors traversé les siècles, attendant qu’une main vienne prendre soin de lui pour multiplier la variété oubliée. C’est, dit-on, cet arbre unique qui permettra de relancer la culture avec sa multiplication par drageonnage. Aujourd’hui, un verger est implanté aux serres municipales, un autre à valeur conservatoire est localisé au lycée agricole de Saint-Maximin, des particuliers s’engagent pour des plantations et des entreprises comme Estandon qui a proposé à ses vignerons adhérents de planter des pruniers dans leurs vignobles au titre de la conservation et de la diversification des productions.

IGP : un signe d’identification

L’Indication géographique protégée, IGP, identifie un produit agricole, brut ou transformé, dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique. L’IGP repose par ailleurs sur la notion de savoir-faire. Elle consacre une production existante et lui confère dès lors une protection à l’échelle nationale mais aussi internationale.